Article extrait du courrier Picard

OISE L’évêque veut le départ des sœurs, les habitants non

PUBLIÉ LE 27/11/2014

Courrier picard

Installées à Croutoy, près de Compiègne, dix religieuses ont changé de congrégation et quittent le village, suite à un arbitrage du diocèse.

Entrées en dissidence au sein de leur congrégation, les dix religieuses de Croutoy en paient le prix : elles quittent ce village, situé à 20 kilomètres de Compiègne, où elles logeaient depuis 22 ans. Un arbitrage de l’évêque suite aux longs déchirements qui ont mis à mal la communauté de Saint-Jean. Une nouvelle branche a été créée (les sœurs de Maria Stella Matutina) qu’ont rejointe les catholiques de Croutoy. Quatre d’entre elles sont déjà parties pour l’Espagne ; les autres ne vont pas tarder à plier bagage.

Sœur Marie-Jeanne préfère ne pas entrer dans les détails. «  Une nouvelle branche s’est formée le 25 juillet, reconnue par le Saint Père, mais un évêque a le droit d’accepter ou de refuser une congrégation, explique-t-elle, vêtue d’une tunique grise, autour de la petite table du presbytère, où le couvert est dressé pour le repas du curé. Les frères et sœurs de Saint-Jean du diocèse souhaitent que la nouvelle communauté ne soit pas présente. C’est pour ça qu’on part, c’est tout simple. »

Un prêtre du Compiégnois observe : «  Il y a eu des élections, il y a cinq ans dans leur communauté. Certaines voulaient garder leur ancienne prieure comme supérieure, d’autres souhaitaient du changement. C’est plus simple que les sœurs de Croutoy prennent un nouveau départ ailleurs. Elles assumentUn évêque les attend en Espagne.  » Et de comparer la situation à un divorce : «  On aimerait toujours que cela se déroule sans perte ni fracas, mais même avec de la bonne volonté, il y a toujours un peu de conséquences. »

Les religieuses de Croutoy ont choisi une vie contemplative, mais non cloîtrée. Elles participaient à la vie de ce village d’environ 200 habitants. «  On veut que notre départ se passe le plus paisiblement possible, que nous ne soyons pas une source de lutte pour les habitants  », confie Sœur Marie-Jeanne.

Une réunion ce soir avec l’évêque

Des fidèles indignés interpellent vertement l’évêque dans une lettre ouverte : «  Pourquoi leur demandez-vous de quitter sans délai le presbytère ? Pourquoi interdisez-vous aux prêtres de célébrer la messe dans cette prometteuse communauté catholique romaine ? Cette position intransigeante contredit la mansuétude de Rome (…) Ces sœurs, avec leurs frères, ont porté nos prières par leurs chants, accompagné nos enfants vers les sacrements et nos anciens vers le grand départ. » Dans une copie adressée à la rédaction du Courrier picard, les paroissiens anonymes précisent : «  Cent personnes ont signé la lettre qui provoque la venue de Mgr Benoît-Gonnin. » L’homme d’église est attendu, ce soir, à 20 heures, à la mairie pour expliquer sa décision. «  On peut regretter leur départ ; beaucoup de gens sont tristes  », commente Axel de Bruyn, le premier magistrat. Contacté hier, l’évêché n’a pas donné suite à notre appel.

PIERRIG GUENNEC

http://www.courrier-picard.fr/region/oise-l-eveque-veut-le-depart-des-soeurs-les-habitants-non-ia190b0n475649

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