Méditation Samedi Saint

Marie, « Cause de notre joie »

 Marie, « Cause de notre joie », est celle qui nous apprend à être joyeux à travers tout. C’est elle qui nous apprend à sourire au moment où nous pâtissons le plus, parce que nous savons que toute souffrance, tout échec, est le lieu de la victoire de l’amour. Le démon entretient en nous des luttes, des peurs, des désespoirs [1]

. Dépassons tout cela dans un grand élan d’amour, le grand élan d’amour qui existe dans le cœur de Marie, cette joie profonde qu’elle a connue dans le mystère de la Résurrection. Nous avons besoin de cette joie ; c’est la grande manière de supprimer tous les petits scepticismes qui sont en nous. Nous n’avons pas assez de joie dans le cœur, parce que nous ne regardons pas assez cet amour gratuit, victorieux, du Christ sur nous. C’est lui qui nous aime, et c’est lui qui veut nous attirer à lui, nous prendre complètement.

Quand on vit dans cette certitude que nous donnent la foi, l’espérance et la charité, alors il y a une joie prodigieuse en nous : on est victorieux avec le Christ, victorieux des ténèbres. C’est la lumière qui prend tout en nous, et nous savons que c’est cette lumière du Christ qui prend tout en nous, et nous savons que cet amour veut être victorieux de tout ; et s’il nous a mis dans cette voie particulière de la vie religieuse, c’est pour nous débarrasser de toutes les choses secondaires afin d’être plus attirés par lui. La vie religieuse n’est pas une finalité. Ce qui doit nous finaliser, c’est l’attraction du Christ sur nous, cette attraction d’amour qui doit tout prendre en nous — et la vie religieuse est là pour écarter tous les obstacles et permettre à cette attraction de s’incarner en nous, complètement, jusqu’au bout, pour qu’elle puisse être victorieuse en nous, de la victoire même du Christ.

Supplions la Vierge Marie d’être là, de s’emparer de tout en nous, et de toujours nous rappeler  l’absolu  de cette conquête  de l’amour du Christ sur nos cœurs, sur notre volonté, sur notre intelligence. Que notre intelligence ne soit plus errante ou repliée sur elle-même, qu’elle soit dans une recherche incessante de vérité. Que notre sensibilité, notre affectivité, nos passions, soient saisies par cet amour divin du cœur du Christ. Et que Marie soit là pour nous donner sa joie. Nous n’avons pas assez de joie, et dire cela c’est dire que nous n’avons pas assez dans notre cœur la joie du cœur de Marie. C’est la seule qui soit éternelle. Les petites joies extérieures, les petites détentes d’un jour de fête, c’est très bien, mais cela ne fait pas vivre. La vraie joie, c’est la joie du cœur de Marie dans notre cœur ; et cette joie-là, elle doit s’emparer pleinement de nous et être débordante.

Père Marie Dominique Philippe

J’ai soif, p. 190 sq.

 

[1] La tactique du démon est toujours de nous mettre dans le désespoir, alors que l’Esprit Saint veut faire de nous des hommes victorieux dans le Christ et en Marie. Marie est notre espérance. Une fois qu’on a compris cela on ne peut plus désespérer, puisqu’elle est victorieuse, et pleinement victorieuse. C’est dans le Christ qu’est notre espérance, comme Marie a toute son espérance dans la victoire de Jésus. Jésus est notre espérance parce que sa Résurrection est notre résurrection, parce que sa victoire nous est donnée. Alors il n’y a plus de danger de désespérer, nous luttons avec lui et pour lui.

Nous devons être dans toute notre vie le printemps de l’Eglise, avec tout ce que cela représente de joie, de poussée vitale de vie divine, de conquête — de gloire déjà dès cette terre. Mais tout cela au milieu des luttes, de luttes constantes, sournoises. Il faut demander à Jésus d’inscrire de plus en plus dans nos cœurs la grande lumière de sa victoire d’amour.

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