Méditation pour l’Annonciation

Espagnol Anunciación (25 de marzo)
English : The Annunciation


« Fiat mihi secundum verbum tuum »
(Lc 1, 38)

Cet acte de foi de Marie, qui s’épanouit dans l’amour, s’épanouit aussi dans l’espérance, et y met cette note d’élan joyeux, de désir, de tendance et d’abandon. Dans ce fiat, est impliqué le premier acte d’espérance explicitement chrétien portant sur le Verbe incarné. Marie espère en la promesse divine qui se réalise en elle. Elle puise en la présence de son Dieu, s’incarnant en elle, un soutien merveilleux, un nouvel élan de désir et un nouvel abandon. C’est l’espérance silencieuse de la mère qui puise en celui qui est en elle un nouvel élan de vie, une soif ardente de voir son Dieu. L’espérance, en effet, est le désir efficace de voir Dieu, désir qui s’appuie sur la toute-puissance miséricordieuse de Dieu. C’est cette « ancre » divine qui nous fixe dans le cœur du Christ et ordonne toutes nos forces vitales vers lui, en nous appuyant sur sa toute-puissance miséricordieuse. Marie, dans son fiat traduit ce désir efficace d’atteindre son Dieu, de le posséder, d’être possédée par lui, en s’abandonnant totalement à la toute-puissance miséricordieuse du Père. Ce désir et cet abandon, par son Fils et en lui, revêt un caractère beaucoup plus simple, plus familier, plus doux, mais aussi beaucoup plus ardent, plus brûlant et plus fort, puisque la promesse se trouve réalisée en elle et de cette manière si intime et si proche.

Notons aussi la pauvreté très grande de cette espérance. C’est par là que nous touchons sa note tout à fait chrétienne, car nous saisissons alors combien elle doit s’appuyer sur la miséricorde infinie de Dieu. Marie espère en son Fils, en son tout-petit. Elle s’appuie sur la force de Dieu qui lui est communiquée dans la faiblesse du « tout-petit », de celui qui n’est pas encore né. Elle n’a aucun droit sur celui qui se donne à elle par pure grâce et libéralité divine, mais elle doit le posséder comme son propre fils, son propre enfant. Elle doit se livrer à celui qui se livre à elle comme un tout-petit qui attend tout d’elle. Le don de crainte permet à l’espérance du cœur de Marie d’acquérir cette note toute divine : c’est une espérance de mère qui espère totalement en son tout-petit, n’ayant aucun droit sur lui. Par l’espérance toute pauvre, la foi chrétienne s’épanouit en une attitude de confiance. Marie a confiance en la parole de Dieu qui est promesse de vie pour elle. Son abandon se transforme en une confiance inébranlable en celui qui lui est donné, en celui qui va venir…

Cet acte de foi et cet acte d’espérance permettent à la charité du cœur de Marie de s’épanouir divinement en don. Nous savons bien que toutes purifications de la foi et de l’espérance sont en vue de l’accroissement de l’amour. Si l’Esprit Saint réclame une telle pureté de foi, une telle pauvreté dans l’espérance, une telle confiance, c’est pour permettre à l’Amour de s’exercer librement et sans être limité ni diminué par des restrictions humaines provenant de notre manière de juger, d’estimer et d’orienter notre vie.

(Mystère de Marie, pp. 103-105)
Père Marie-Dominique Philippe

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