Méditation de Carême n°3

English : Lent 2014 n°3
Espanol : Meditacion 3
Lietuviu : Trečiasis Gavėnios sekmadienis. Meditacija 3

 par le Père Marie-Dominique Philippe

La miséricorde, en cherchant toujours à soulager la pauvreté, la misère de l’autre, ajoute à la charité fraternelle une surabondance. Saint Vincent de Paul est un exemple merveilleux de cette ardeur à aider l’autre, à le soutenir dans sa misère. Cette misère, au lieu de nous faire nous éloigner, nous attire. En réalité, ce n’est pas la misère qui nous attire ; c’est le visage du Christ qui a voulu prendre la place du plus misérable pour nous attirer plus, et c’est en ce sens-là que saint Vincent de Paul aimait à voir Jésus dans la physionomie et le regard du pauvre. Et c’est la pauvreté du Christ crucifié qui lui permet d’être miséricordieux à l’égard de tous les hommes d’une manière absolue. Il n’y a plus d’exclusion, tout le monde peut recevoir la miséricorde du Christ crucifié à la Croix ; elle est vraiment donnée universellement, et en même temps la miséricorde doit toujours être une charité très personnelle, parce qu’elle regarde en chacun sa misère et que la misère met toujours en lumière la pauvreté individuelle de chacun, sa pauvreté caractéristique. C’est bien à l’égard de la pauvreté caractéristique de la personne qu’on doit être le plus miséricordieux.

(« Je suis venu jeter un feu sur la terre » (Lc 12, 49), p. 148)

Saint Martin avait le sens de la gratuité et de l’action de grâces ; lui qui a été saisi par le Christ pour devenir moine, et un moine évangélique au sens très fort, il avait le souci des pauvres parce qu’il était lui-même très pauvre. Car on ne peut avoir le souci des pauvres que si on est pauvre soi-même ; et c’est par l’action de grâces qu’on maintiendra ce souci des pauvres. Il doit nous être intolérable de laisser mourir des gens à côté de nous, que ce soit au niveau spirituel ou au niveau matériel. Moine évangélisateur, moine missionnaire, moine qui a conduit à Jésus, saint Martin est aussi celui qui a construit la première abbaye de France, pour qu’il y ait un lieu de prière. Parce que plus on est missionnaire, plus on a besoin d’un lieu de prière. Plus on est missionnaire, plus on a besoin d’être moine, c’est-à-dire de s’enfoncer dans le cœur de Jésus et dans le cœur de Marie. Demandons à saint Martin de nous donner la pauvreté qu’il a comprise auprès de Jésus, son souci des pauvres, son amour des pauvres, de toute espèce de pauvreté mais surtout de la pauvreté spirituelle. Ayons cet amour des pauvres de notre monde d’aujourd’hui, pour les prendre dans notre cœur et les porter vers Jésus. Et avant tout, demandons à saint Martin de nous donner sa fidélité à Jésus et le sens de l’action de grâces, pour remercier Jésus de tout ce que nous avons reçu et recevons incessamment de lui.

(Extrait de l’homélie du 11 novembre 1987, parue dans J’ai soif, pp. 276-277)

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