La cellule intérieure (suite)

« Catherine de Sienne se fit dans son coeur, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, une cellule bien secrète, d’où elle résolue  de ne jamais sortir pour quelque affaire extérieure que ce fut, de la sorte, au lieu d’avoir comme auparavant, comme chez elle une cellule extérieure, où elle pouvait s’enfermer quelque fois – sous l’escalier- mais d’où elle devait sortir de temps en temps, il arriva que, s’étant faite une cellule intérieure qu’on ne pouvait lui enlever, elle n’en sortait jamais. Ce sont là de ces victoires du ciel dont le fruit ne saurait être ravi et qui ferme surement une âme à Satan, car celui qui est la vérité nous l’atteste, le « Royaume de Dieu est au dedans de nous » et l’enseignement du prophète nous apprend que :  « toute la gloire de la fille du Roi Eternel lui vient de l’intérieur » Ps 44.

Au dedans de nous se trouve, sans aucun doute,  et notre intelligence avec ses lumières et notre volonté avec sa liberté et notre mémoire avec la ténacité de son souvenir, au dedans de nous se répand l’onction de l’Esprit Saint qui perfectionnant toutes ses facultés surmonte et abas toutes les obstacles extérieurs. Au dedans de nous, si nous sommes des passionnés du bien, habite l’hôte divin, qui a dit « Ayez confiance, j’ai vaincu le monde ». Alors confiante en cet hôte tout puissant et avec son secours, notre sainte, Catherine, s’était constitué à l’intérieur,  une cellule qui n’était pas faite de mains d’homme. Et qui la dispensait d’avoir souci de perdre cette cellule intérieure, oeuvre de nos mains. Je me rappelle et il me revient maintenant en mémoire, qu’au jour où j’étais surchargé d’occupations extérieures, ou bien quand je devais voyager, cette sainte me répétait souvent cet avertissement, faites-vous dans l’âme une cellule intérieure, d’où vous ne sortiez jamais. Je n’avais d’abord qu’une intelligence superficielle de ces paroles, mais maintenant que je les considère plus attentivement, je suis obligé de m’écrier avec l’évangéliste Jean, « tout d’abord les disciples ne comprirent pas, mais quand Jésus fut glorifié alors ils se souvinrent ». Car c’est merveille de voir, comment aujourd’hui, moi et tous les autres qui ont vécu avec elles, une intelligence plus nette de ses actes et de ses paroles qu’au jour où nous étions à ses côtés. »

Bx Raymond de Capoue, Biographie de Catherine de Sienne.

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