Méditation 8 du 25 août 2013 – la mission


La mission du chrétien est la même que celle de Jésus

Il est très important pour nous de comprendre que nous sommes tous appelés, par notre baptême, à être unis à Jésus d’une manière telle que dans toute notre vie nous désirions être le plus proche possible de lui, le plus possible liés à lui. D’une certaine manière, l’itinéraire de tous les chrétiens sur la terre est déjà donné, puisque notre grâce consiste à continuer la grâce de Jésus. Jean Paul II a donné de l’Eglise une très belle définition (qui, jusque-là, n’avait pas été donnée avec autant de netteté) quand il a dit que le cheminement de l’Eglise, la route de l’Eglise, c’était celle de Jésus, prolongée. L’Eglise n’a pas d’autre itinéraire que celui de Jésus. Donc, tout ce que l’Eglise réalise sur la terre est inscrit dans l’itinéraire du Christ. C’est l’itinéraire du Christ qui se prolonge à travers le temps et l’espace, mais c’est bien le même itinéraire. Autrement nous sommes en dehors de la conduite divine de l’Esprit Saint sur l’Eglise. C’est alors notre fantaisie, mais ce n’est pas l’itinéraire de l’Eglise dans son mystère propre, dans son mystère d’Epouse de Jésus. Une épouse n’a pas d’autre itinéraire que celui de son époux ; et c’est cet itinéraire qu’elle prolonge, qu’elle continue.

C’est dans la lumière de la Croix que nous devons comprendre ce qui, dans l’Eglise, est ou n’est pas du Saint-Esprit. Cela, c’est très important. Car parfois on peut se demander si ce que nous faisons est vraiment l’œuvre de l’Esprit Saint, si c’est vraiment ce qu’il veut que nous fassions. Pour faire ce discernement, le critère est celui-ci : ce que nous faisons est-il en conformité avec ce que Jésus a fait ? Or ce que Jésus a fait, a vécu, nous le lisons dans les Evangiles. Là nous voyons comment Jésus est l’Envoyé du Père par excellence : tout ce que Jésus fait, il le fait en conformité avec le Père — « le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu’il voit faire au Père »[1]. Et tout ce que l’Eglise fait, elle doit le faire en conformité avec le cheminement du Christ. Autrement elle n’est plus l’Epouse du Christ, elle n’est plus celle qui le suit et qui vit pleinement sa mission. La mission de l’Eglise, c’est celle du Christ[2]. Dans cette expression très forte Jean Paul II résume toute la Tradition : la mission de l’Eglise, c’est la mission du Christ. C’est cette mission du Christ qui se continue et qui prend toute sa force, toute sa vigueur. Voilà ce qui caractérise la mission de l’Eglise : ce n’est pas sa mission — l’Eglise n’a pas de mission propre —, c’est celle de Jésus, prolongée dans le temps et le lieu. Et la mission du Christ, nous la voyons décrite dans les Evangiles.

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Le témoin est celui qui vit du mystère

 Le mystère de la Croix demande d’être contemplé pour lui-même. Le chrétien est premièrement celui qui contemple, c’est-à-dire celui qui désire vivre dans toutes ses exigences le mystère de la Croix, en s’ouvrant à cette lumière qui vient illuminer son cœur. La Croix du Christ demande, à celui qui s’y laisse attirer, de devenir le témoin du Christ : témoin de sa vérité, témoin de son amour pour le Père, témoin de son amour pour les hommes.

Père Marie-Dominique Philippe, o.p.

Conférences 1996-1997

« Jésus-Christ, éducateur de la foi par les signes »

 


[1]Jn 5, 19 ; cf. 30 : « Je ne peux rien faire de moi-même ».

[2]Redemptorhominis, §§ 7, 12 et 18 ; Voir aussi : Redemptorismissio, §§ 18, 19 et 20 ; Dominum et vivificantem, § 61 ; Tertio millennioadveniente, § 56 (citant Vatican II, Gaudium et Spes, §3).

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