Méditation 6 du 11 août 2013 – Lazare

« Jésus lui dit : “ Moi, je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ”. »

Voilà la foi face à la mort. La mort est un moment, elle est une épreuve ; pour le croyant, la mort n’est pas un terme, elle est un passage, un passage très dur pour notre sensibilité qui est dans le temps. C’est rude, c’est une grande épreuve, dont le croyant sait qu’elle est une conséquence du péché originel. Mais cette conséquence du péché a été portée par le Christ à la Croix et dans le mystère de la Résurrection. Jésus ressuscitera pour Lazare, comme il ressuscite pour nous, pour chacun d’entre nous. Un croyant qui voit mourir quelqu’un qu’il aime, ou le voit mort, doit le voir dans la lumière de la Résurrection du Christ. Alors il ne dit plus, comme Marthe : « Je sais qu’il ressuscitera à la fin ». Non. Pour le croyant, la Résurrection du Christ est actuelle (c’est cela qui est merveilleux), parce que la foi chrétienne est liée à la Résurrection du Christ[1]. La Résurrection du Christ est donc présente pour le croyant, de sorte que la mort est relativisée. Le regard scientifique du médecin ou du savant sur la mort n’est pas le même regard que celui de Jésus. Pour Jésus, la mort est relative à la Résurrection. Pour que la Résurrection soit manifestée, soit visible, il faut ce passage, dur, pénible, qu’est la mort. Mais par là, la toute-puissance de Dieu et son amour peuvent se manifester. La mort permet à la toute-puissance de Dieu de se manifester à travers la Résurrection, et de comprendre que la mort est dépassée par la Résurrection, qu’elle est en vue dela Résurrection qui nous montre la victoire du Christ, sa victoire sur la mort. Jésus, par sa Résurrection, est victorieux de la mort, et cette victoire il l’accomplit pour nous. Par lui et avec lui nous sommes tous, en tant que chrétiens, victorieux de la mort. La victoire du Christ va jusque-là. Tant que nous n’avons pas compris, dans notre foi, que la Résurrection du Christ est pour nous, notre mort reste comme un absolu : il n’y a rien après la mort, tout est détruit. Mais si notre foi en la Résurrection du Christ est plénière, elle porte notre mort, elle la transforme, et elle nous fait regarder la mort comme nécessaire pour que le mystère de la toute-puissance du Père et de son amour puisse se manifester pleinement et totalement.

Père Marie-Dominique Philippe, o.p.

 Conférences 1996-1997

« Jésus-Christ, éducateur de la foi par les signes »


[1] Cf. 1 Co 15, 2 et 17.

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