Réponse de l’Association Espérance et Dialogue à l’article de La Croix a publié le 27 mai 2013

Le site de La Croix a publié le 27 mai 2013 un article sur les sœurs contemplatives de Saint Jean.

L’association « Espérance et Dialogue », créée en la vigile de la Présentation de Jésus au Temple pour aider la grande majorité des sœurs dans la difficulté, y compris matérielle, réunit à ce jour près de 400 cotisants, parents et amis des sœurs de 4 continents, plus de 500 correspondants et des milliers de sympathisants. Elle aurait mérité, avant la publication de cet article, d’être consultée, même si elle l’a été téléphoniquement, mais à l’évidence sans effet, il y a plus de 3 mois.

La situation est effectivement complexe comme dans toute affaire où la sanction a précédé  l’instruction et où les motivations ont varié au fur et à mesure que les premières charges s’écroulaient : « désaccord sur la gouvernance », « charisme à revoir », « formation incomplète », « manquements à l’obéissance exigée comme une soumission sans écoute ni dialogue préalables »,  « affaire nécessitant de rester discret par respect pour les personnes » (argument curieux et scandaleux valant dispense de preuves et bannissement de toute défense des accusées, ou accusé de préférence décédé), depuis peu « emprise psychologique et affective »etc.Demain quelle nouvelle accusation ?

« Divers témoignages  de parents », écrivez-vous,  portent des accusations d’une extrême gravité. On ne sait qui, on ignore combien, mais on se doute du pourquoi ! Les témoignages contraires de 400 parents et amis et des milliers de personnes qui soutiennent ces sœurs n’ont aucune valeur aux yeux de certains, « la parole étant refusée aux accusées » et la « défense interdite ». Ce n’est pas recherche de la vérité. Ce n’est pas justice. C’est l’application de « la loi des suspects ».

L’article ne mentionne aucun des faits essentiels à la compréhension de cette crise :

En juin 2009 Monseigneur Barbarin  a nommé sœur Johanna prieure générale, sans la moindre considération pour le processus prévu par les constitutions pour élire une prieure générale.

Vous dites qu’elle a échoué à ramener l’unité, en oubliant de préciser qu’elle faisait justement partie d’une toute petite minorité de sœurs en opposition notoire à la grande majorité et à leur fondatrice…

Monseigneur Bonfils, à la demande du cardinal Rodé, a convoqué à Lourdesen novembre 2010 les professes perpétuelles pour une assemblée ayant pour but la redéfinition de leur charisme.

Cette assemblée, par une succession de votes, a confirmé la très large majorité des sœurs fidèles aux fondateurs, et a permis de trouver un accord sur un gouvernement uni.

Monseigneur Brincard, pour des raisons inconnues, n’a tenu aucun compte de cette assemblée et de ses conclusions, précipitant la communauté des sœurs dans une nouvelle crise que l’absence persistante de dialogue a rendue encore plus dramatique et inextricable !

« Un observateur » se félicite que « des progrès soient très grands chez les sœurs qui ont accepté de suivre l’Eglise après avoir réfléchi », avec des supérieures d’autres congrégations  – carmélites, bénédictines etc. –« à certains aspects de leur vie religieuse, comme le silence et la clôture ». Est-il certain qu’il n’y ait qu’une maison dans la Demeure du Père ? Peut-il affirmer que le charisme propre des sœurs contemplatives, comme le fait qu’elles ne soient pas cloîtrées (au demeurant comme pourraient-elles l’être dans les prieurésne disposant pas même d’un jardinet, encore eut-il fallu qu’ils soient visités), ne serait pas inspiré par l’Esprit Saint au point qu’il faille le corriger à l’aune d’autres charismes,tout saints et éprouvés qu’ils soient ? Comment alors peut-il ne pas s’étonner que la grande majorité des sœurs ne reconnaissent plus le charisme selon lequel elles ont prononcé leurs vœux ?

La communication est rompue, écrivez-vous. Certes mais encore aurait-il dû être précisé qu’elle est depuis interditeet pratiquement empêchéeentre les quelques 80 sœurs « de Mgr Brincard »(et non une petite centaine) et la grande majorité des plus de 230 autres !

Quant au chapitre général (l’instruction pontificale du 1er mai 2008 « Le service de l’autorité et l’obéissance » dans les instituts de vie consacrée,rappelle pourtant que « L’autorité est appelée à garder vivant le charisme de sa famille religieuse…/… selon les projets et les orientations proposés, en particulier, par les Chapitres généraux (ou réunions analogues) », faut-il rappeler qu’il a été dissout en juin 2009 et que, depuis, il est interdit de réunion et les sœurs privées du droit canonique de vote, en dépit des engagements publics pris à ce sujet (cf. La Croix du 26 janvier 2010: http://www.la-croix.com/…/je-n-ai-pas-ete-missionne-pour-benir-une-scission).

Pourquoi alors s’interroger sur le fait que le cardinal Joao Braz de Aviz, et non la Secrétairerie d’Etat,  ait annoncé début mai « qu’il souhaitait reprendre le dialogue avec les Sœurs contemplatives de Saint-Jean, et nommer une personne dans cette perspective » ? Son dicastère n’ignore pas que des 380 sœurs en 2009,

70, dont la plupart de celles de la petite minorité ayant mis en cause leur co-fondatrice, sont en dispense de vie commune ou ont quitté la vie religieuse.

150 novices et professes temporaires, face à l’interdiction de progresser vers les vœux perpétuels, ont dans le respect du droit canon tenté de refonder : leur nouvel institut Saint Jean et Saint Dominique a été brutalement balayé en janvier de cette année, et elles sont « à la rue », sans statut.

80professes perpétuelles, ne se reconnaissant pas dans le charisme imposé par Mgr Brincard, et ayant fait la demande de partir, sont retenues par leur seul vœu d’obéissance.

Quant aux 80 restantes (et pas 100), il n’est pas assuré que la totalité vivant difficilement un charisme imposé, reste « obéissante » longtemps encore.

Au bilan, on est loin de la même instruction pontificale qui précise que « L’autorité est appelée à promouvoir la dignité de la personne, prêtant attentionà chaque membre de la communauté… »

Le bilan est clair : sur 380 sœurs en juin2009, les responsables en ont laissé 300 sur le chemin.

Les parents et amis restent ébahis quand il leur est dit que leur fille, leur sœur, leur amie est « sous emprise psychologique et affective ». C’est bien mal connaître les jeunes filles du XXIème siècle ! Diplômées d’études supérieures, autonomes, capables de beaucoup d’initiative et d’engagement, obéissantes mais sous réserve d’être écoutées et comprises, elles ne sont pas des nunuches incultes, mais des femmes à part entière, données librement dans cet ordre fondé par sœur Alix, docteur en philosophie, où l’étude de la philosophie réaliste tient une place primordiale.

Leur mise sous tutelle, comme des personnes ayant perdu la raison ou des mineures,laisse aux parents et amis le sentiment qu’une conception erronée de la femme et de la religieuse françaises, pour ne pas dire un certain machisme, ne sont pas encore morts.

Plus nombreuses que prétendu sont celles qui dans leur vie personnelle ou professionnelle avant d’entrer en religion ont exercé des responsabilités sociales ou professionnelles. La seule emprise que leurs parents leur connaissent, et pourquoi se tromperaient-ils tous,ayant eux aussi reçu par le sacrement de mariage la grâce d’un discernement, est celle de Notre Seigneur Jésus Christet de Son Eglise dont elles sont éprises,pour lesquels elles ont tout abandonné !

L’association qui fédère parents et amis garde l’espérance que le dialogue leur soit enfin permis, dans la vérité (et sans les a priori qui ne sont que du copier-coller) et le respect, et l’obéissance confiante à notre pape François qui, le samedi 18 mai dernier à Sainte Marthe, a rappelé à qui veut l’entendre : « Les commérages sont destructeurs dans l’Église. C’est un peu l’esprit de Caïn : tuer son frère, avec la langue. Mais sur cette voie, nous devenons des chrétiens aux bonnes manières et aux mauvaises habitudes ! ». Le Pape a ensuite énoncé les trois comportements négatifs : la désinformation à savoir « seulement la moitié qui nous convient et pas l’autre moitié » ; vient ensuite la diffamation : « quand une personne a vraiment un défaut, a fait une grosse bêtise » il faut la raconter, « faire le journaliste, non ? Et la réputation de cette personne est ruinée » ! La troisième est la calomnie : « Dire des choses qui ne sont pas vraies. Cela est vraiment tuer son frère ! » Et ses sœurs !

Les parents et amis sont dans l’Espérance. « Avant l’obéissance – qui n’est pas soumission -, on doit pratiquer la charité » (même instruction pontificale). Nombre de sœurs et d’ex-sœurs réduites à quitter leur habit sont dans la peine, le dénuement total et, pour nombre d’entre elles sans aucune couverture maladie et accident. Ce n’est que dans l’écoute et le vrai dialogue que viendra enfin la résolution de cette crise et « pour la plus grande gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ ».

Puisse la publication de ce texte dans le quotidien La Croix, y contribuer !

Le bureau unanime de l’association « Espérance et dialogue »esperanceetdialogue@gmail.com

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