Article 7 mai 13 La Croix

Article du 7 mai 2013 paru dans La Croix : « Le Vatican réaffirme sa cohésion face aux religieuses américaines »

Après ses propos personnels tenus dimanche 5 mai devant les supérieures générales du monde entier réunies à Rome, le cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la congrégation pour les Instituts de vie consacrée, a publié un communiqué avec son homologue de la Doctrine de la foi, soulignant leur convergence de vues.

La réaction n’a pas tardé. Le 5 mai, le cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la congrégation pour les instituts de vie consacrée, n’avait pas caché son désarroi et sa tristesse, devant les 800 supérieures générales du monde entier réunies à Rome à l’occasion de l’Assemblée plénière de l’Union internationale des supérieures générales (UISG). Premier préfet à s’exprimer devant elles depuis 1969, il avait alors expliqué qu’il n’avait pas été véritablement consulté par la congrégation pour la Doctrine de la foi dans l’affaire de la Leadership Conference of women religious (LCWR).

Cette fédération regroupant 57 000 religieuses américaines est actuellement l’objet d’un audit doctrinal de la part de Rome. Le pape François a récemment confirmé cette orientation, rappelant aux religieuses la nécessité d’un christocentrisme incarné et d’une plus grande conformité aux trois vœux évangéliques. Le cardinal brésilien avait exprimé devant l’UISG sa compassion pour la LCWR, regretté que sondicastère n’ait pas été consulté, et appelé à la poursuite du dialogue, dans l’obéissance au pape.

RENCONTRE TRÈS ATTENDUE MERCREDI ENTRE LES RELIGIEUSES ET LE PAPE

Ce mardi 7 juin, deux jours plus tard, c’est par un communiqué conjoint des deux dicastères, rédigé en anglais contrairement aux usage romains, que les deux préfets (Mgr Gerhard Müller pour la Doctrine de la foi et le cardinal Braz de Aviz pour la vie consacrée) affichent leur entente, confirmée lors d’une rencontre qui a eu lieu lundi 6 mai. « Des commentaires de presse ont suggéré une divergence (entre les deux dicastères) » explique le communiqué commun, qui affirme : « Une telle interprétation des propos du cardinal n’est pas justifiée. »

Mercredi 8 mai, les supérieures générales de l’UISG seront reçues en audience privée par le pape François. Dans ce contexte incertain pour la vie religieuse féminine, le message du pape est très attendu.

Sœur Mary Lou Wirtz, présidente de l’UISG, a confié à « La Croix » le 6 mai, se félicitant de la qualité de l’intervention, la veille, du cardinal Braz de Aviz : « Nous sommes toutes très intéressées par l’affaire de la LCWR. Nous soutenons les sœurs dans ce processus, en manifestant notre solidarité et en appelant à la prière, au dialogue et à une clarification.

DES MISES AU POINT FRÉQUENTES

La prise de parole, le 4 mai, de Sœur Deacon, responsable de la LCWR, avait suscité un grand intérêt parmi les 800 supérieures générales. Celles-ci, globalement heureuses de l’élection du pape François, attendent désormais du Vatican un renouveau d’attention à l’égard de la vie religieuse féminine. La secrétaire exécutive de l’UISG, Sœur Josune Arregui, s’est désolée, en séance plénière le 6 mai, du récent départ du numéro deux de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, Mgr Tobin, « rappelé » aux États-Unis, a-t-elle dit, « de façon inattendue et douloureuse ». Les évêques américains lui avaient reproché sa mansuétude à l’égard des religieuses américaines. Mais la nomination de son successeur, l’ancien ministre général des franciscains, le Fr. José R. Carballo, a été bien accueillie.

Dans l’attente de la réorganisation de la Curie romaine, demandée par les cardinaux lors des récentes congrégations générales, les mises au point liées à de « mauvaises interprétations médiatiques » se multiplient ainsi ces derniers temps.

Ainsi, Mgr Angelo Becciu, substitut de la Secrétairerie d’État, avait du préciser le 1er  mai, tant dans « L’Osservatore Romano » que par un communiqué officiel en plusieurs langues, qu’en aucun cas le pape n’envisageait de supprimer l’IOR, la « banque du Vatican ». Le malentendu était né de deux compte rendu différents (dans le quotidien du Saint-Siège et sur Radio Vatican), d’une homélie matinale prononcée par le pape François à la Maison Sainte-Marthe.

À cette occasion, il a également précisé qu’en aucun cas, la création par le pape, le 13 avril, d’un « groupe de huit cardinaux conseillers » ne remettait en cause la papauté.

MAIN TENDUE VERS LES SŒURS DE SAINT-JEAN

Par ailleurs, lors de sa rencontre, dimanche avec l’UISG, le cardinal Braz de Aviz, a annoncé qu’ii souhaitait reprendre le dialogue avec les Sœurs de Saint-Jean. « Dans cette perspective, nous allons nommer une personne pour mener ce dialogue », a-t-il précisé.

Des 350 Sœurs contemplatives de Saint-Jean environ (150 professes et 200 novices) qui vivaient dans ses 35 prieurés en 2009, il n’en resterait aujourd’hui qu’un peu moins d’une centaine, divisées en deux « camps » entre lesquels la communication est rompue.

L’été dernier, près de 150 d’entre elles ont créé, dans le plus grand secret, une association publique de fidèles à Cordoue (Espagne), avec la bienveillance de l’évêque local. Mais elle a été récemment « supprimée avec effet immédiat et sans possibilité d’être reconstituée sous une autre forme » par rescrit du secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone.

Frédéric Mounier, à Rome

source : > ici <

Publicités