Témoignage du Père Clément Kilabi sur les Soeurs à Dortrecht (Pays-Bas)

Je suis un des Prêtres Aumôniers de Sœurs à Dordrecht. Depuis que je les accompagne, je suis toujours touché par la profondeur de leur engagement dans la prière. Je célèbre toujours mes messes en regardant la montre mais je ne le fais pas chez les Sœurs à Dordrecht car l’ambiance est celle de la prière, un espace dans lequel on sent cette présence de Dieu qui est avec nous et qui vient toujours à notre rencontre. Je me dis toujours qu’avoir une telle communauté dans une ville est une grâce car beaucoup de gens veulent se ressourcer spirituellement pour arroser les cœurs arides dans ce monde qui, l’oubli de l’homme conduit à l’oubli de Dieu. Les gens cherchent toujours une oasis de décompression, un lieu de ressourcement. La communauté de Sœurs, ouverte au monde, accueillant des personnes pour prier, est un cadre propice pour les chercheurs de Dieu dans une Europe sécularisée.

Je rendais grâce d’avoir appelé des jeunes sœurs très enthousiastes pour témoigner de l’amour de Dieu dans ce monde.

Cette joie s’est arrêtée quand j’ai appris la dissolution de la Congrégation de Sœurs. C’était un choc pour moi. J’accompagne des sœurs, je n’ai trouvé aucun motif pour une telle décision. Ce sont des sœurs qui vivent leur spiritualité et leur charisme dans la ligne directe et cohérente du magistère. Ce sont des Sœurs qui aiment l’Église. Quel choc ! Comment prendre une telle décision sans écouter les concernées ? La décision est-t-elle évangélique ? Dans une Europe sans vocation religieuse, devons-nous détruire ces jeunes vocations ? Où se trouve la miséricorde divine ? Où se trouve le commandement nouveau de l’Amour ? Cette décision a fait souffrir des sœurs mais sereines dans la prière. Mettons-nous á leur place pour mesurer le degré de souffrance. Les propos du Pape François au début de son pontificat doivent nous interpeller pour servir le Christ, rien que le Christ.

Je trouve contradictoire que l’Eglise continue le dialogue avec les Lefebvristes et de supprimer une Congrégation de Sœurs qui n’a pas porter à atteinte à l’Eglise. S’il y a un problème, on devrait les rappeler à l’ordre. La suppression était une mesure disproportionnée, un contre-témoignage, contre-productive pour l’Eglise, un choc pour les fidèles. Cette façon d’agir nous fait perdre des fidèles. La diversité des charismes et spiritualités dans l’Eglise doit-être vue comme richesse et non comme quelque chose à combattre et à supprimer. Certains Ordres se sont scindés en plusieurs tendances et toutes contribuent à l’Eglise, tels que les Franciscains, etc.

Je reste confiant que la Congrégation de Sœurs sera réhabilitée comme fut le cas de la Compagnie de Jésus. Je plaide ainsi, avec ce témoignage devant Dieu, aux instances supérieures, pour la réhabilitation de la Congrégation de Sœurs.

Fait à La Haye, le 19 Mars 2013.

Père Clément Kilabi, SVD

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