Témoignage de soeur Charis

Soeur Charis vient de Slovaquie. Elle a 31 ans et est entrée dans la Communauté des Soeurs Contemplatives de Saint Jean en 2004.

J’ai beaucoup aimé la Communauté Saint Jean et j’y ai été très heureuse.

Après ma formation en France, je suis partie en Italie pour 2 ans et ensuite en mission à Pondicherry en Inde.

En Italie, je voudrais dire que j’ai été envoyée là pour faire des études de liturgie à Rome (Santa Croce), et que j’ai beaucoup aimé découvrir l’Eglise dans toute sa diversité et son aspect international. Mais j’ai surtout aimé être si près du Saint Père, assister à ses audiences et parfois à des cérémonies. En effet, nous logions dans un petit appartement jouxtant la maison de Mgr Celli, Président du Conseil Pontifical pour les Communications sociales, et il nous a fait profiter de certaines invitations. Mgr Celli aime la communauté et spécialement sr Alix, notre vie contemplative, et il nous a beaucoup soutenues quand les difficultés sont apparues dans notre Institut en nous donnant confiance dans l’Eglise et ses pasteurs.

C’est à mon retour que j’ai commencé à comprendre que je ne pouvais plus vivre pleinement du charisme que nos fondateurs, le père MD Philippe et sr Alix, nous ont transmis. J’ai voulu être très fidèle à l’héritage qui nous a été confié et que je considère comme un trésor qu’il ne faut pas perdre, mais qu’il faut garder précieusement. Après avoir prié et réfléchi, j’ai vu que la seule solution d’être fidèle, c’est de rejoindre le nouvel institut des Sœurs de St Jean et St Dominique qui venait d’être créé. Là, j’ai trouvé que je peux vraiment vivre et être fidèle à notre Règle de Vie, à ma vie religieuse, telle que je l’ai choisie. Pour cela, quand mes vœux ont expiré, je suis venue rejoindre mes sœurs à Dordrecht au Pays Bas, où on a commencé une nouvelle fondation.

Je peux dire qu’après les 5 mois passés ici, ce pays m’a conquise complètement.

J’ai été surprise par l’accueil de laïcs et des prêtres qu’on a reçu dans ce pays, où la vraie vie du côté de la foi est plutôt rare.

J’ai touché que les gens ont une vraie soif d’une vie profonde avec Dieu, et qu’ils étaient très heureux de nous voir ici en habit, qui était pour eux un témoignage, un appel vers Dieu.

Beaucoup d’entre eux ne savaient plus que la vie religieuse existait encore, mais dès qu’ils ont su qu’on vit de la Providence et du travail de nos mains, ils se sont immédiatement mobilisés pour nous aider concrètement. Ils sont très généreux et ne cessent de nous « envahir » par leurs dons.

Il y a plusieurs personnes qui aiment bien venir prier avec nous dans notre chapelle. Cela m’a beaucoup touchée, que notre vie simple de la prière a eu tout de suite une fécondité, un écho dans les cœurs de nombreuses personnes qui ont su apprécier notre charisme.

Et puis, l’attitude de prêtres envers nous est aussi très belle. Ils étaient très heureux d’accueillir notre jeune communauté. Ils voyaient cela comme une bénédiction pour ce pays, comme une source pour le renouvellement de la foi.

Cela nous a donné beaucoup de courage, de reconnaître tous ces signes de Dieu pour nous, qu’il nous bénit et qu’il continue d’être avec nous, malgré les difficultés.

J’ai été très heureuse dans ce pays et je continue de prier pour ce peuple qui souffre.

Après avoir enlevé l’habit, je dois maintenant quitter Dordrecht et les Pays-Bas pour chercher ce que le Bon Dieu attend de moi ; mais je remercie Dieu pour chaque jour nouveau qu’Il me donne comme un don précieux, signe de sa confiance en nous, signe de son amour qui ne chancellera jamais.

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